Au IIIe siècle avant notre ère, les souverains ptolémaïques d'Égypte fondent a Alexandrie une institution sans precedent : une bibliothèque destinée a rassembler tout le savoir du monde connu. A son apogée, elle aurait conserve jusqu'a 700 000 rouleaux de papyrus -- oeuvres venues de Grece, d'Égypte, de Babylone, de Perse et d'Inde. Ce documentaire enquete sur ce que les archéologues et les historiens ont réellement découvert de ce monument de l'intelligence humaine.1
La bibliothèque était associée au Mouseion -- l'ancêtre de nos universités -- ou vivaient et travaillaient des savants de tout le monde méditerranéen. Eratosthene y calcula la circonférence de la Terre avec une précision remarquable. Euclide y rédigea ses Éléments. Archimede aurait frequente ces cercles savants. Les papyrus d'Oxyrhynchos, découverts en Égypte a partir de 1896, donnent un aperçu de la richesse des textes que ces bibliothèques conservaient.2

La question de la destruction de la bibliothèque reste l'un des grands débats de l'historiographie antique. Plusieurs evenements ont été proposes : l'incendie de César en 48 av. J.-C., les décrets de Theophe en 391 apr. J.-C., ou encore la conquête arabe de 642. Les historiens modernes s'accordent pourtant sur l'idée que la bibliothèque ne fut pas détruite en un seul evenement catastrophique, mais qu'elle déclina progressivement, faute de financement royal et de collecte systématique de nouveaux textes.3
Les fouilles archéologiques menées a Alexandrie depuis les années 1990 ont mis au jour les fondations de ce qui pourrait être le Mouseion. En 2004, une mission polono-égyptienne a découvert des restes d'un bâtiment de l'époque ptolémaïque dans le quartier de Chatby, interprete comme une possible salle de conférences. Ces découvertes restent fragmentaires, mais elles confirment l'ampleur du complexe intellectuel de l'Alexandrie antique.4
La nouvelle Bibliothèque d'Alexandrie (Bibliotheca Alexandrina), inaugurée en 2002, perpetue symboliquement l'ambition de l'originale. Si la bibliothèque antique est perdue a jamais, son héritage intellectuel -- la transmission du savoir grec au monde arabe, puis a l'Europe médiévale -- a façon l'ensemble de la civilisation occidentale et orientale.5
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